Réseaux sociaux: Label École, l’école e-commerce d’Emmaüs, lance sa deuxième promotion

Label École, l'école e-commerce d'Emmaüs, lance sa deuxième promotion

Après une première promotion en début d’année, Label École a lancé, en mai, sa 2e promotion de 16 apprenants pour les former gratuitement aux métiers de la vente en ligne, avec pour parrain le DG de Prestashop, Alexandre Eruimy. Retour sur ce nouveau modèle.

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Comment est venu ce projet de Label École?

Réseaux sociaux: Label École, l'école e-commerce d'Emmaüs, lance sa deuxième promotion

Maud Sarda, cofondatrice et directrice de Label Ecole. Lorsque nous avons lancé notre marketplace solidaire Label Emmaüs, nous souhaitions accompagner et former les personnes en parcours d’insertion d’Emmaüs. Nous avions en tête de développer leurs compétences dans le digital pour leur permettre de s’insérer dans le secteur de l’e-commerce. Aujourd’hui, notre place de marché recense un million de produits d’occasion gérés par 85 vendeurs (provenant de toute l’économie sociale solidaire, comme la Croix Rouge). Depuis bientôt quatre ans, ce sont plus de 400 compagnons qui ont été formés à gérer une boutique en ligne (shooting produit, gestion d’un back office, préparation de commande ou service client). Même si, à l’origine, ils étaient assez autodidactes dans le digital, nous avons obtenu de très bons résultats avec un service client qui compte moins de 2% de retour des colis. Et neuf personnes sur dix recommandent notre site à leur entourage. Ces signes encourageants nous ont donné envie d’aller plus loin en créant une « école e-commerce » inclusive, pour que tout demandeur d’emploi puisse y bénéficier. Nous sommes convaincus que le Web peut offrir de réelles opportunités pour des personnes éloignées de l’emploi, sans qualification particulière mais avec une réelle appétence pour le digital et motivées, dans l’objectif de former des profils polyvalents.

Sur quels critères sélectionnez-vous les candidats?

Nous proposons ces formations, gratuites, à des personnes demandeuses d’emploi, domiciliées en Île-de-France, ayant un niveau bac ou inférieur et sans critère d’âge. Nous leur soumettons un test de culture digitale et surtout, nous nous assurons de leurs motivations lors d’un entretien d’une vingtaine de minutes. Depuis le 18 mai, nous formons 20 apprenants -après une première promotion de 16 candidats fin 2019, parrainée par Thierry Petit de Showroomprivé- pour les former aux différents métiers du commerce en ligne durant cinq mois. Cette année, nous espérons atteindre les 110 apprenants, au total. Nous respectons la parité en ayant à chaque fois le même nombre d’hommes et de femmes.

Quelles sont les compétences acquises à l’issue de cette formation?

Notre formation est calquée sur des diplômes existants. Nous reprenons les mêmes thématiques liées à un projet e-commerce : gestion de projet, graphisme, webmarketing, , UX design… Nous évoquons également la logistique via les enjeux des marketplaces.

Notre objectif est de donner aux élèves une bonne culture générale du commerce en ligne afin de leur donner envie de se spécialiser dans un domaine.

Nous faisons également du coaching, en travaillant la confiance en soi ou le travail en équipe, avec des partenariats forts d’entreprises pour des stages ou pour les aider dans la concrétisation de leurs objectifs professionnels. Cette nouvelle promotion est en téléprésentiel en raison de la crise sanitaire.

Combien de personnes de votre première promotion ont réussi à s’insérer dans l’e-commerce?

Il y a plusieurs sorties de parcours possibles. La première, c’est la découverte des métiers de l’e-commerce et les connaissances de base pour entrer dans des formations plus exigeantes que la nôtre afin de se spécialiser dans un domaine précis. Un apprenant s’est inscrit à l’école Oreegami pour suivre une formation au marketing digital assez poussée. Nous pouvons avoir des apprenants qui souhaitent lancer leur activité en ligne et que nous allons accompagner. Nous sommes convaincus que les PME vont être intéressées par nos candidats pour gérer leur boutique en ligne. Concernant la première promotion, elle est un peu à part, en raison de la crise sanitaire. Après les cours théoriques de septembre à décembre, une période de stage s’est déroulée de janvier à février. La période du confinement n’a pas été propice pour la recherche d’un emploi ou pour lancer son activité. Néanmoins, trois personnes souhaitent lancer leur activité et d’autres sont en recherche d’emploi. D’autres apprenants suivent des formations qualifiantes. Nous continuons à suivre leurs parcours après la formation.

Qu’en est-il du financement?

Le financement provient de subventions publiques et privées. Nous sommes soutenus par la région Île-de-France via le « Plan investissement compétences ». Nous sommes aussi financés par des fonds européens, des fondations d’entreprises qui complètent le dispositif et la fondation Link Together.

Alexandre Eruimy, en tant que parrain de cette nouvelle promotion et directeur général de Prestashop, en quoi consiste votre participation?

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En tant que parrain, Prestashop s’associe à Label École afin de mettre à profit son expertise sur les métiers du numérique au service des personnes éloignées de l’emploi. La première action de Prestashop est de devenir partenaire de Label école et faire vivre cette conviction commune que l’e-commerce est créateur de valeurs, aussi bien humaine qu’économique. L’engagement de l’entreprise permettra de former des chefs de projet e-commerce ou des développeurs dans un cadre encore plus engagé et inclusif à travers Label École. D’un point de vue personnel, l’égalité des chances me tient à coeur, je suis déjà parrain d’associations ou tuteur auprès d’associations militantes sur ce sujet. Je compte être en contact de manière régulière avec les étudiants, leur partager ma vision de l’e-commerce et de ses enjeux en leur partageant mes connaissances du secteur, les tendances actuelles, des exemples de réussite de marchands… Nous prévoyons que certains de nos collaborateurs puissent animer certains cours durant cette formation comme lors de la première promotion.

Maud Sarda, cofondatrice et directrice de Label École. Le réseau compte aussi énormément. L’un des piliers de Label École est de tisser des liens avec un réseau important d’acteurs du commerce en ligne qui s’engagent à proposer à leurs salariés de devenir formateurs bénévoles au sein de l’école et d’accueillir en stage les apprenants à leur sortie de formation. Notre parrain Alexandre Eruimy, comme l’an dernier avec Thierry Petit, en parlant de notre projet autour de lui mobilise d’autres entreprises. C’est la clé de succès de notre projet. Notre école fonctionne grâce au bénévolat. Toutes les formations sont données gratuitement par les salariés d’entreprises partenaires. Par exemple, ManoMano fournit un effort conséquent depuis le lancement de l’école en mettant à notre disposition près d’une quinzaine de formateurs (salariés) bénévoles pour apporter leurs connaissances techniques et témoigner d’une réalité terrain.

Etes-vous en lien avec la Fevad?

Nous avons adhéré à la Fevad dès le lancement de Label École. Nous avons par ailleurs reçu le prix du Meilleur espoir e-commerce 2020 l’année dernière. Nous étions très heureux de recevoir ce prix, car cela valide notre vision de l’e-commerce, qui peut passer comme utopique pour beaucoup: il s’agit pour l’e-commerce de placer l’homme et la planète au coeur de son projet. Cette reconnaissance par nos pairs de l’e-commerce a été un moment très fort pour nous.

Prévoyez-vous d’étendre votre dispositif Label École à d’autres villes, notamment en province?

Nous commençons, en effet, à être contactés par des collectivités ou des porteurs de projets inspirés par Label École, qui souhaitent les voir essaimer en dehors de la région parisienne. La crise sanitaire nous a obligés à effectuer cette formation en téléprésentiel mais c’est aussi une opportunité de proposer cette formation à d’autres régions. Nous avons un autre défi à relever pour 2020. En 2019, nous avons commencé par 16 apprenants, cette année nous passons à 110, cela induit des changements d’organisation. Cette formation de chef de projet e-commerce, commencée l’année dernière, a été améliorée pour une meilleure insertion professionnelle. Une troisième formule sera testée cette année, c’est une formation construite avec une entreprise. À l’automne, nous devrions lancer avec le leader de la relation client Webhelp une formation construite en cocréation répondant à leurs besoins de recrutement. Nous allons proposer un parcours de trois mois avec une promesse d’embauche chez Webhelp à la sortie de la formation pour les 15 personnes qui suivront ce parcours. Enfin, nous envisageons de créer un incubateur pour soutenir nos étudiants qui souhaitent créer leur propre boutique en ligne ou monter une agence web afin de pouvoir être embauchés en alternance et mettre en pratique les compétences développées pendant leur formation.

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